Le choix de l'école inclusive a été acté par la loi sur le handicap de 2005 et par la loi d'orientation de 2013. Cependant, des efforts significatifs restent à faire.
Pour le Sgen-CFDT, c’est toute l’école ou l’établissement qui doivent être inclusifs.
Les enseignants ne doivent pas se sentir seuls face à des inclusions imposées mais être membres d’une équipe pluri compétente susceptible de varier les dispositifs et les modes de regroupement.
Il faut aussi augmenter le nombre de places d’accueil (en limitant les effectifs de chaque classe comptant des élèves à besoins particuliers), et accompagner les personnels accompagnant les élèves en situation de handicap (AESH) formés et nommés sur un emploi stable.
Cela passe aussi par la formation des personnels aux pédagogies adaptées et aux évolutions nécessaires dans le cadre du projet personnalisé de scolarisation. Sur ce point, la très récente création du certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive (Cappei) est une réelle avancée.
Il faut également déployer des équipes pluri professionnelles dans tous les établissements et les écoles, leur garantir du temps de concertation et aller vers un décloisonnement du travail avec les structures médico-sociales et médico-éducatives (IME, IMpro).
L’ENJEU DES REP ET REP+

C’est bien un objectif de justice sociale qui est visé avec l’éducation inclusive : il s’agit de transformer un système éducatif très inégalitaire de sorte qu’il accueille le maximum d’enfants et les éduque ensemble, dans le respect de leurs besoins spécifiques et en tant que futurs concitoyens d’une société démocratique.
Il est donc nécessaire, dans cet esprit, de consolider les réseaux d’éducation prioritaire REP et REP+ en y garantissant les moyens et les dispositifs existants, en y améliorant le pilotage et en y favorisant le travail pédagogique en réseau.
La question de la poursuite du parcours des élèves issus de ces collèges doit aussi être posée : le Sgen-CFDT revendique pour ce faire l’allocation de moyens spécifiques et la construction d’un référentiel pédagogique spécifique qui prolonge celui des réseaux REP/REP+.
La question de la mixité sociale et de l’hétérogénéité des publics scolaires en collège est également essentielle : les expérimentations territoriales dans certains secteurs de collèges doivent être poursuivies, étendues et évaluées.
ÉREA ET ÉCOLE INCLUSIVE

Le travail mené autour de la circulaire sur les établissements régionaux d’enseignement adapté (Érea) montre les difficultés à faire avancer partout l’école inclusive faute de définition partagée.
Pour le Sgen-CFDT, déplacer dans un établissement réservé les élèves qui ont des difficultés n’est pas la bonne démarche. Il conviendrait d’abord de définir les besoins des élèves puis d’organiser des dispositifs autour de ces besoins.
Il y a peu d’évolutions, mis à part le recrutement d’assistants d’éducation (AED) pour les nuitées, dans un texte qui fixe l’existant. Quelques points positifs, comme la mise en réseau, ne cachent pas les lacunes, comme l’usage du principe d’inclusion dans une structure aussi fermée : l’organisation pédagogique évoque ainsi un fonctionnement ouvert sans y mettre un cadre qui le garantisse.
La notion ambigüe de « handicap social », utilisée il y a peu encore pour définir le public des Érea, semble rester latente dans le texte. La part éducative y est finalement peu traitée. Le Sgen-CFDT a pourtant avancé la possibilité de généraliser la nomination des éducateurs spécialisés aux côtés des personnels déjà présents, pour renforcer cet aspect.
Pour aller plus loin : Faire évoluer l’EREA pour une meilleure école inclusive